Simon Bocanegra

L'autoportrait au chapeau

 

L'Alcazar de Paris

Une loge en 1988

 

Au Palace

La femme, l'œillet et le cendrier

 

Le journal abandonné

"C'est la femme la plus riche du monde..."

Ce diaporama est une sélection représentative des différentes facettes de l’univers de Simon Bocanegra : la nuit, les capitales Paris, Londres, New-York, les identités transgenres, la mode, les dandys, les backstages, les créatures chenues, l’underground, les personnalités et les inconnus. Toutes ces images ont été photographiées avec un appareil Nikon et des pellicules couleurs Kodachrome 35 mm sous forme de diapositives format 24 X 36 mm. Ni recadrées, ni retouchées, ces photos ont été prises sur le vif, toujours en situation. L’adhésion totale de chaque modèle se lit dans chacun des regards. Il n’y a dans son œuvre aucune image volée même s’il s’agit d’un échange très furtif avec des inconnus. La technique utilisée, caractéristique de son travail photographique est celle de l’open flash, qui consiste à observer un long temps de pause au cours duquel le modèle en premier plan est flashé. Le résultat de cette prise de vue est toujours une surprise car elle comporte une part d’aléas, de flous calculés et de zones d’ombres préméditées. Durant ce temps de pause, le photographe ou le modèle est amené à bouger imperceptiblement, d’où parfois, ce contour légèrement surimpressionné qui s’inscrit comme un halo autour de la silhouette.

What They’re Saying

Il avait intégré la notion de l’éphémère, de l’instantané qui lui était propre, avec un goût immodéré pour la beauté, même décadente ou trash. Il fut un punk avant l’heure, mais aussi un classique : dandy, élégant, au coup d’œil imparable, connaissant instinctivement les règles de l’art. Il est difficile d’évoquer un être aussi particulier, rapide, insaisissable, aussi drôle et brillant que fut Simon Bocanegra, qui trouvait son inspiration dans le futile, le passager, la marge, les oiseaux de nuit.

Jean Rouzaudwww.nova.fr

Toutes ces faces de la nuit où surgissent soudain des visages connus qui donnent comme une identité à ceux dont nous ne savons rien. Rien si ce n'est qu'ils se sont tous façonnés une apparence qui exacerbe en même temps qu'elle les superpose et ne parvient pas à les annuler. Mieux, elle en fait un visage multiple.

Charles-Henri FavrodHistorien de la photographie

Dans le capharnaüm d'une fête mondaine, Simon se créait d'emblée un micro-espace. Il sautait devant ses victimes, l'appareil à la main en hurlant "ma chérraw ! Génial ! on la double", donnant à chacun de ses modèles — quel que soit son état d'hébétude — une flatteuse impression d'importance. Parfois il n'y avait pas de rouleau dans la caméra.

Hélène HazeraSimon et les féminités alternatives

On ne relèvera dans l'ensemble de son travail aucune intention satirique, pas plus qu'aucune exagération de pathos, mais on y trouvera un souci de vérité et un cordial parti pris d'affection. Jamais ses modèles ne sont mis dans une position — ou posture — désavantageuse. Ils sont ce qu'ils ont choisi de paraître, dans un instant de juste coïncidence avec eux-mêmes sur la scène ouverte du spectacle de leur tragi-comédie.

Claude Louis-CombetConstellation de la grimace

Unique, cette étrange fraternité inaccessible et intime à la fois : Simon était un chasseur d'instants intenses, il aurait choppé le Big Bang, qu'il a d'ailleurs continué de poursuivre, comme son ombre, toujours insaisissable, presque attrapée quand même !

Serge KrugerFacebook

Le naturel chez lui était au service d'une vision rebelle. Bocanegra resta en quête de ce qui se cachait sous les poses, les facéties, le factice et les sophistications des papillons de nuit. Il sut montrer un genre qui se cache parfois sous un autre. Bref, il sut dévoiler les vérités trans, travesties, androgynes, dandy pour les hausser vers la clarté avec humour, impertinence. Sans le moindre dédain et toujours avec finesse et élégance.

Jean-Paul Gavard-Perretwww.lelitteraire.com